La perception que l’on a des artistes joue souvent sur notre appréciation de leur oeuvre. Avec le métier que je fais, il y a certains artistes dont j’ai commencé à moins apprécier leur musique, leur humour ou leurs films après les avoir interviewés, parce que je les ai trouvé chiant, fendant, hautain, ou autres défauts qui ne se découvrent qu’en personne. L’inverse est aussi vrai, un humoriste ou un chanteur que je trouvais moyen a gagné mon amour par sa personnalité profondément sympathique. Ce n’est pas automatique, mais ça arrive.
À partir de là, je peux comprendre que certains soient incapables d’apprécier la musique de Noir Désir ou n’aient pas le goût d’aller voir un spectacle dans lequel Bertrand Cantat chante. Je ne dis pas que je suis nécessairement d’accord, mais je comprends la possible dépréciation de son art, même si c’est tout à fait irrationnel. Toutefois, ça s’arrête là. La justice s’est occupée de son cas, il a purgé sa peine, il a été dans le coin en punition. Il est maintenant libre et il a bien le droit de faire son métier. Votre dégoût envers lui ne devrait pas devenir un dégoût national, universel et sans appel. Les gens ont le droit de l’apprécier encore. Et rien ne vous oblige à y aller.
Ce n’est pas que Mouawad veuille utiliser Cantat, le hic, même si c’est provocateur un tantinet, c’est que certains veuillent nous faire croire que leur morale est au-dessus des lois. Comme l’a dit mon ami Simon Jodoin, à en lire plusieurs aujourd’hui, on dirait que la population est pour le retour de la peine de mort.
Mais ce qui m’a le plus fait sursauter, ce sont des propos émis par Jocelyne Robert, ce matin, à l’émission de Christiane Charette. Je paraphrase, mais en gros, son féminisme l’empêche de lui pardonner. Ah?! Donc, s’il avait tué un homme, le pardon aurait été plus facile?! Vraiment?! Ai-je bien compris?! Ne pas pardonner un meurtre, c’est une chose, ne pas le faire parce que la victime est une femme, en est une autre.
Mon mixtape n’a rien de scandaleux, à moins que le bon goût ne soit devenu tabou. À savourer à volonté… jusqu’à la mort.
Liste des tounes
Beirut – Branderbug
Dany Placard – Lisa
Les Dorothée – Happy Ending
NASA – Watchadoin (feat. MIA, Santogold & Spankrock) (Evil Nine Remix)
Orchestrol Parade – La valse des itinérants
The Dutchess and The Duke – Resevoir Park
Krista Muir – Summer Eyes
Fred Fortin – Georges
Pawa Up First – Delusions of Grandeur
Dinosaur Jr. – Friends
Akufen – Jeep Sex
[...] [...]
[...] AccueilRenart, en vracDépotoir éphémèreAh: c'est Pascal ton nom?La campagne contre l’Iran : le lobby sioniste et l’opinion juiveBlogolisteVisuelPoésieRenart Léveillé » humanisme, Justice, opinions, philosophie, société » Mouawad et Cantat : après le dilemme…Mouawad et Cantat : après le dilemme…2011/04/06 | Ajouter un commentaire Hier, j’ai passé presque toute ma journée tétanisé, devant mon écran, par le débat Cantat-Mouawad :Le soleil serait bienvenu, cette histoire Cantat-Mouawad est un gros nuage gris scotché à mon cerveau.J’expose dans mon billet précédent une position en déséquilibre et c’est ce déséquilibre qui m’a fait balancer d’un côté et de l’autre tout au long de mes lectures*, jusqu’à pencher finalement de plus en plus du côté de Cantat-Mouawad. Et ce n’est pas du tout par approbation du crime commis, s’il faut le spécifier (oui, il le faut, puisque je me doute bien que cela sera une avenue trop facile à emprunter pour ceux qui liront mon texte et qui penchent de l’autre côté). C’est bien plutôt la pauvreté argumentaire du clan contre qui m’a fait cheminer vers une acceptation de la possibilité que Bertrand Cantat puisse un jour retrouver les planches. Dans un avenir proche? Non, les cendres sont encore trop chaudes, même pour beaucoup de ceux qui sont capables de regarder tout ça froidement.En vrac, cette pauvreté argumentaire, avec commentaires. Total refus de voir ce crime dans son contexte. Se servir de cette décontextualisation pour bâtir un argumentaire, qui sera alors tout simplement bancal, logiquement. Toujours mettre de l’avant le côté scabreux du crime, comme si ce n’était pas déjà assez évident pour tout le monde et que le système de Justice ne s’y était pas assez penché (qui peut douter que l’avocat chargé de l’accusation ne s’en soit pas servi à satiété pour convaincre le jury?). Comparer ce crime avec d’autres alors qu’il est visiblement inédit, donc, difficilement comparable. Remettre en doute, pour des raisons souvent obscures, et le jugement qui a été rendu, et la capacité de la société à réhabiliter. Pointer le fait que Bertrand Cantat est un artiste, a une notoriété, et donc présumer qu’il aurait des privilèges que les autres criminels n’ont pas. En faire une affaire de guerre des sexes, comme si un Bertrand Cantat homosexuel ayant tué un homme au lieu d’une femme avait été plus passible de rédemption aux yeux de la société. Et surtout, remettre en question la moralité de ceux qui veulent aider le chanteur.Donc, aveuglement volontaire, sensationnalisme, gros doute personnel sur un retour possible de la peine de mort, encore la croisade anti-artiste et un lien avec le féminisme qui est tout sauf clair. Justement, parlant féminisme, j’écrivais dernièrement : le féminisme est un humanisme. En en lisant certains, pour ne pas dire certaines, c’est bien le contraire qui est prouvé. Le féminisme n’est pas un humanisme pour tout le monde. Le crime de Cantat n’est pas un drame humain, mais bien plutôt seulement un crime contre les femmes. Donc, le pardon est impossible.Sans pour autant cautionner la violence faite aux femmes, je me questionne quant à cette prise de position sans appel, comme si on devait mettre à ce point une hiérarchie sur les drames. Je suis bien d’accord que chaque drame n’est pas équivalent, mais bon, je ne suis pas certain que regarder trop ce débat sous la loupe féministe est une si bonne chose.Autrement, je n’aime pas trop non plus ceux qui moussent trop ce débat en faveur de Cantat et Mouawad en y insufflant son caractère artistico-philosophique. C’est déjà immensément philosophique comme débat. Le côté artistique me semble plus un dommage collatéral, ce qu’en serait le côté menuiserie si le criminel avait été un menuisier (bien sûr, nous n’en parlerions sûrement pas si ce n’avait été un artiste). Le côté artistique ne se trouve pas dans le crime, ce n’est pas Cantat le chanteur qui a tué avec un chant, ni dans le débat autrement que dans une hypothétique participation du chanteur à un spectacle de théâtre qui n’est encore qu’à l’étape de projet.Et pour clore le tout, il n’est vraiment, mais vraiment pas certain que Bertrand Cantat pourra se rendre jusqu’ici. Quoi qu’il en soit, ce débat aura au moins été instructif… ******* *J’ajoute ici une partie de mes lectures : http://remycharest.com/wordpress/2011/04/05/a-lenvers-a-lendroit-quelques-mots-sur-wajdi-mouawad-et-bertrand-cantat/http://www.cheznadia.com/archives/2011/04/cantat-a-tout-a-fait-le-droit-de-vivre-oui-mais-nous-avons-le-droit-de-ne-pas-etre-menes-en-bateau.htmlhttp://www.cvoyerleger.com/2011/04/cantat-1.htmlhttp://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/marc-cassivi/201104/04/01-4386493-le-droit-de-vivre.phphttp://blogue.martinpetit.com/2011/04/05/quand-tas-tue/http://www.patrickdion.ca/2011/04/pour-en-finir-avec-cantat.htmlhttp://www.labarbe.ca/podbarbe-le-faux-scandale/http://www.chroniquesdupatio.ca/2011/04/05/on-fait-dur-ben-dur/http://savignac.wordpress.com/2011/04/05/quand-bertrand-cantat-me-confronte/http://www.voir.ca/blogs/tristan_malavoy-racine/archive/2011/04/06/vade-retro-bertrand-cantat.aspxhttp://anarchopragmatisme.wordpress.com/2011/04/06/sur-laffaire-bertrand-cantat-ou-pourquoi-je-ne-me-presenterai-jamais-en-politique/ Votre adresse mail : Tweet Auteur : Renart LéveilléVisit Renart Léveillé's WebsiteSuivre Renart Léveillé sur TwitterCatégorie(s): humanisme, Justice, opinions, philosophie, société · Mots-clés: acceptation, accusation, anti-artiste, argumentaire, Artiste, artistico-philosophique, artistique, aveuglement volontaire, avocat, bancal, Bertrand Cantat, Cantat, cautionner, Cerveau, chant, Chanteur, charge, commentaires, contexte, convaincre, crime, criminel, croisade, débat, décontextualisation, déséquilibre, dommage collatéral, doute, drame, Féminisme, féministe, Femme, Femmes, guerre des sexes, hiérarchie, Homme, homosexuel, Humain, humanisme, hypothétique, impossible, instructif, jugement, jury, Justice, logiquement, moralité, Mouawad, notoriété, pardon, participation, Pauvreté, peine de mort, philosophique, Position, possibilité, présumer, privilège, projet, question, rédemption, refus, réhabiliter, sans appel, scabreux, Sensationnalisme, société, Spectacle, système, tétanisé, théâtre, ViolenceLaissez un commentaire Cliquez ici pour annuler la réponse. 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Je suis français. Comme Jean-Lois Trintignant, nous sommes nombreux à penser que Cantat « s’est conduit comme une merde ». Je méprise profondément ce type dont j’ai aimé la musique, ce type qui a battu à mort sa compagne et l’a laissée crever comme on ne laisserait pas crever son chien, l’a laissée agoniser de longues heures dans son sang au lieu d’appeler les secours. Doit-on pardonner ? Nul n’y est obligé… D’autant plus qu’il n’a jamais fait amende honorable et a toujours chercher à minimiser sa responsabilité dans son crime… Une loi canadienne stipule que les types de son espèces ne sont pas les bienvenus chez vous. Soyez-en heureux. Il y a suffisamment de gens bien et talentueux sans aller chercher les services d’un assassin particulièrement odieux qui n’a jamais assumé son geste. Et la peine de mort, argument falacieux, n’a rien à voir là-dedans…
Ouaiouaiouiai
Derrière toutes ces discussions fumeuses sur la « rédemption » de Cantat, je vois plutôt un « people » dramaturge, qui utilise un autre people – « sulfureux » Cantat. Le dramaturge a misé sur le scandale et espéré ainsi faire venir plus de monde au spectacle ou au moins en faire parler. Bon coup médiatique, mais le coup de la rédemption ne passe pas.
Ce débat n’est « honnête » ni du côté des curés conservateurs ni du côté du petit monde « radical chic » télévisuel.
Sur le plan humain, j’ai l’intuition qu’un homme ayant commis un tel crime qui serait réellement hanté par la culpabilité, n’éprouverait pas un tel besoin de s’exhiber de nouveau sur une scène.
Ces curetons hypocrites de la jet set montréalaise qui nous servent des discours sur la rédemption de Cantat sont dees guignols.
Cantat semble dévoré par son désir de redevenir une star adulée (rien ne l’empêche d’écrire de la musique et des chansons) et pas par un quelconque désir de rédemption.
Les artistes sont décidément de plus en plus pourris par le système : moimêmisme, vedettariat, esprit de concurrence : ils sont prêts à tout pour tirer la couverture vers eux.
[...] http://www.labarbe.ca/podbarbe-le-faux-scandale/ [...]